Au début des années 1980, les 38 brasseries du pays étaient entre les mains de Molson, Carling-O’Keefe et Labatt. Cette concentration du marché avait de fâcheuses conséquences pour le consommateur. Il n’avait pas le choix de boire une bière presque sans goût et sans personnalité. Ces géants de l’industrie voulaient plaire au grand public en offrant un produit standardisé et sans réelle différence en bouche. Un ras-le-bol général s’empara des clients.
C’est alors que de nouvelles petites brasseries réapparurent sur le marché pour répondre aux besoins de cette nouvelle génération. Le Cheval Blanc, les brasseurs du Nord et Maskoutains, pour ne nommer qu’elles, occupèrent le devant de la scène. Leurs bières furent souvent à l’opposé de celles de l’industrie en place. On se souvient que la brasserie Massawippi demanda, en premier, un permis de brassage industriel en 1986. L’Inox, dans le Vieux-Port de Québec, est né en 1987. Comme les autres commerces du genre, les propriétaires effectuèrent des recherches, afin d’obtenir de nouvelles variétés de bières.
Au milieu des années 1990, d’autres brasseries continuèrent de voir le jour : Les Brasseurs de la Capitale, Les Brasseurs de l’Anse et bien évidemment, La Barberie. L’histoire n’est pas finie, vous devez probablement connaître la suite... pour avoir trinqué de nombreuses fois depuis cette ultime aventure. Les microbrasseries se sont multipliées avec l’émergence d’Archibald, de la Microbrasserie d’Orléans et dernièrement du Corsaire. Tout laisse présager que l’engouement pour ce type de débit de boisson devrait s’amplifier dans les prochains mois.
Visite autour de la bière
Pour vivre l’histoire de la bière, du 17e au 20e siècle, la Société du patrimoine urbain de Québec (SPUQ) présente le parcours brassicole La route de la bière. En 2h30, la quinzaine de participants, partent de l’Îlot des Palais, puis flânent dans le Vieux-Port où une dizaine de brasseries ont déjà existé. Le neveu d’un des plus grands brasseurs de la capitale, Versey Boswell, expose ensuite le passé des brasseries Jean-Talon, de Boswell et de Dow.
Enfin, la visite se termine à la Barberie, où explications sur la fabrication de la bière et dégustation se succèdent. « Cette activité légère permet d’apprendre sur la bière et d’en goûter », lance avec humour Marie-Dominic Labelle, directrice générale de la SPUQ. Allez, tchin aux colons ! |