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Marseille : les fast food mettent la pression sur les brasseries
Le "Suffren" a fermé au profit d’une enseigne de restauration rapide
Il y a eu le "Cintra"puis le "New-York". Depuis quelques jours, sur le Vieux-Port, une autre brasserie emblématique de la ville a fermé ses portes : "le Suffren". Définitivement. En lieu et place, avant la fin de l’été lorsque les travaux d’aménagement auront été réalisés, un fast-food, spécialisé dans la cuisine asiatique. Certes, il ne s’agit pas d’une énième enseigne d’un géant de la restauration rapide.
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Tandis que "La Samaritaine" fait de la résistance, le Cintra (devenu Quick et Brasserie OM) n’est plus qu’un souvenir.

Car le "Zenzen" ne fait pas partie d’une chaîne quelconque. Il n’y a qu’un seul établissement de ce type situé à Monaco, sur une des avenues les plus cotées de la Principauté, l’avenue AlbertII. Son Altesse Sérénissime l’a d’ailleurs inauguré en personne, en 2006. Ce "Zenzen" n’est pas un restaurant bas de gamme. En 2007 puis 2008, il a, en effet, été primé par le Leaders Club International qui regroupe 331 professionnels de la restauration et de l’hôtellerie, représentant plus de 4 000 restaurants en Europe.

Un prix qui a récompensé "un concept de restauration innovant, récent et duplicable". Selon le jury, "ce concept, imaginé par des anciens chefs de Bocuse, s’articule autour de plats et de menus thaïlandais, chinois et japonais, à consommer sur place, à emporter ou en livraison, dont les produits sont frais, garantis sans OGM, ni MSG, ni conservateurs".Forts de ces distinctions, Franck Bongiavanni et Marco Fioreseont donc décidé de s’implanter à Marseille : "La ville est dans une dynamique positive. Son renouveau nous a intéressés. Nous avons eu une opportunité et avons su la saisir".

Reste qu’avec cette fermeture du "Suffren", c’est une nouvelle page qui se tourne. Et qui rend nostalgique beaucoup de Marseillais. Pas seulement les plus âgés, ceux qui ont connu cette brasserie ouverte toute la nuit. Mais c’est une évolution qui paraît, aussi, inéluctable : "C’est sûr que le Suffren faisait partie intégrante du patrimoine de la ville. Cette fermeture est une forme de perte d’identité locale au profit des grandes chaînes. C’est d’autant plus regrettable que la concurrence est quelque chose de sain" souligne, ainsi, Eric Descous, le "patron" de la Samaritaine, la célèbre brasserie du Vieux-Port qui reste, du coup, l’un des derniers établissements emblématiques du centre-ville.

Patrice Malek, le vice-président du syndicat de l’hôtellerie et de la restauration, dans les Bouches-du-Rhône, a le même sentiment mais note, aussi, qu’"il est difficile d’aller contre l’évolution des choses et une vente entre personnes privées". Du côté de la municipalité on précise "n’avoir aucun moyen d’empêcher une telle vente d’ordre privée". On affirme toutefois "surveiller l’opération de près" car "il n’est pas question de toucher au bâtiment lui-même".Quant à Solange Biaggi, l’adjointe déléguée au commerce et au centre-ville, elle relativise l’impact de la fermeture du Suffren : "C’est sûr que la fin de cette enseigne peut rendre un peu triste et nostalgique les Marseillais. Cela dit, le dynamisme du commerce sur le Vieux-Port et dans le centre est une réalité avec l’ouverture de nombreux commerces et une grande diversité".

Bernard Chaillan

La Provence - 16 juin 2008
 
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