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Le service de la bière - 2° partie
Chronique de Stéphane Morin
Longtemps les consommateurs ont attribué un faible intérêt à la bière, la reléguant à une boisson de second ordre. Pourtant, la dégustation de la bière se fait au même titre que celle du vin. Aurait-on idée de déguster un vin en buvant à même la bouteille ? Alors, pourquoi le faire avec la bière ?

Les étapes de la dégustation de la bière

La dégustation de la bière se fait dans un verre. D’abord parce que le verre permet d’admirer, grâce à nos yeux, le liquide qui s’y trouve. Davantage, le verre rend possible l’utilisation du nez pour l’évaluation du bouquet et des arômes. Comme le goût réagit en interaction avec le nez, boire à même la bouteille neutralise le sens du goût.

La dégustation se fait grâce à nos sens qui sont les outils d’analyse. Faire une analyse organoleptique, c’est faire usage de tous ses sens afin de se former une idée de ce que nous révèle le produit dégusté.

Le premier sens qui entre en contact avec la bière est la vue. Nos yeux permettent de distinguer la couleur de la bière qui peut aller du blond au noir. Aussi, la vue rend possible l’observation des bulles, de l’effervescence, de la brillance et de la mousse. Quelles tailles ont les bulles ? Sont-elles fines, moyennes ou grossières ? L’effervescence est-elle lente, modérée ou vive ? La brillance est l’habilité à percevoir la lumière au travers de la bière. Le liquide est-il brillant, voilé ou opaque ? La mousse est-elle fine comme de la dentelle, en cerne autour du verre, grossière ou fugace si elle cherche à s’éclipser ?

Ensuite le nez. L’odorat est un sens qui, malheureusement, tend à s’éluder. On y fait plus rarement référence sinon pour s’exclamer : " Ca pue ! " Ou autrement : " Comme ça sent bon ! " Mais de quoi parle-t-on au fait ? Il y a tout un monde de nuances à apporter. Peut-on décrire le bouquet et les arômes ? Le bouquet est l’ensemble des arômes perçus. Alors que les arômes sont discernés individuellement tels que l’arôme d’orange, de pain, de miel, etc.

Enfin le goût. Dans la bouche il y a la langue et près de 10 000 papilles gustatives qui permettent de discerner notamment quatre saveurs de base partout sur la surface de la langue quoique ces saveurs soient évidement plus perceptibles en des endroits distincts. Sur le bout de langue on distingue plus aisément le sucré. Sur les côtés près du bout on perçoit plus facilement le salé. Sur les côtés près des joues on ressent naturellement l’acidité tandis qu’au fond de la langue on saisit couramment l’amertume. La langue et la bouche permettent aussi de mesurer l’effervescence et la densité. La bière est-elle mince, un peu comme de l’eau, ou plus dense, à l’image du lait ? Enfin, les papilles gustatives, disposées en plusieurs endroits sur la langue, sont des récepteurs qui captent les saveurs, les analysent et les associent à celles qui sont logées dans notre mémoire. De cette façon on peut affirmer qu’une bière goutte l’orange parce que l’on connaît la saveur de l’orange et ainsi de suite.

La bière : ajoutez-y des couleurs !

Après l’eau et le thé, la bière est le liquide le plus consommé sur terre. Quand on parle de bière, la façon la plus courante d’aborder le sujet est en terme de couleurs. Généralement on offre une bière blonde, rousse, brune ou noire. La blonde est sans doute celle qui a la plus grande faveur alors que la noire semble rebutante pour la plupart. Entre les deux, il y a tout un monde à explorer.

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Duvel
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Stout
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Orval
Si l’on s’en tient à la couleur, on peut croire qu’il n’existe que quatre variétés de bières. Or, il y a autant de nuances dans la bière qu’il existe de couleurs sur terre. Qu’est-ce que la couleur révèle au fond de notre verre ? Déguster une bière c’est faire appel aux outils d’analyse que sont nos cinq sens. Dire qu’une bière est rousse ne fait référence qu’à un seul sens, un seul aspect de l’analyse. En réalité, la vue permet d’évaluer davantage que la couleur. Pensons à la luminosité, à la mousse qui coiffe le verre de bière ou aux bulles qui s’en échappent, etc.

Afin de réussir l’exercice de la dégustation d’une bière, tous nos sens doivent participer. La vue n’étant que l’apparence, comment analyser les autres aspects ? Le nez et l’odorat sont aussi importants car ils permettent d’identifier le bouquet et les arômes. Les papilles gustatives aident à distinguer la saveur dominante et les saveurs secondaires. Le toucher indique la densité et l’effervescence d’une bière grâce à la langue, aux parois de la bouche et à la gorge. Quant à l’ouie, elle révèle la présence de gaz contenu dans la bière au moment d’ouvrir la bouteille.

Dire d’une bière qu’elle est blonde c’est dévoiler qu’un des aspects du nectar que l’on s’apprête à apprivoiser. Même si elle est vraie, cette affirmation est partielle et imprécise puisqu’elle ne fait référence qu’à un seul sens et sous un seul angle. En fait la bière a davantage à offrir qu’une simple couleur. Usez de bon sens et vous ferez de belles découvertes.

Baie St-Paul

Au Québec c’est bien connu, l’église est partout et les nombreux bâtiments qui subsistent peuvent en témoigner. Seulement, les monastères d’ici n’ont pas développé, comme en Europe, la tradition de brasser de la bière. C’est dans cet esprit monastique que la micro brasserie de Charlevoix vient d’élaborer trois bières refermentées en bouteille. Les produits s’appellent Dominus Vobiscum qui signifie que Dieu soit avec vous.

La blanche, un style de bière qui provient de la Belgique, est plusieurs fois centenaire. Or, vers 1900, elle était presque disparue. Ce n’est qu’en 1966 qu’elle renaît grâce au succès de la blanche de Hoogaarden. Depuis, la production de blanche est en constante augmentation. La bière blanche est produite avec du malt d’orge mais aussi avec du malt de blé, ce qui confère à la bière une légère acidité très désaltérante. Son apparence voilée est attribuable à la présence de levure dans la bière, mais aussi aux protéines contenues dans le malt de blé, lesquelles coagulent au contact du froid et rendent la bière trouble.

La Dominus Vobiscum blanche présente des arômes d’agrumes. Sa densité est mince en bouche quoiqu’additionnée de saveurs de fruits et doublée d’une belle acidité. Voilà ce qui en fait un produit très désaltérant.

La Dominus Vobiscum ambrée présente une mousse éruptive. On y trouve des arômes d’orange et de pain d’épices. Elle possède une bonne densité en bouche avec des saveurs sucrées et acidulées..

La Dominus Vobiscum triple est une bière blonde à l’aspect voilé. Au nez elle présente des notes d’agrumes, d’épices et d’alcool. Elle offre une belle densité en bouche avec un bel équilibre entre des saveurs sucrées et amères. Enfin, on peut aisément ressentir la chaleur en bouche causé par la présence d’alcool.

Fondée en 1998, la micro brasserie Charlevoix, est située au centre-ville de Baie-Saint-Paul. Elle est localisée dans le restaurant le St-Pub, un excellent endroit pour boire et manger.

Vin et Cie - 19 décembre 2006
 
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