Les mesures concrètes du « projet d’adaptation et de modernisation des capacités de production » de la verrerie de Vauxrot de Cuffies - une unité du groupe Saint-Gobain Emballage - ont été divulguées hier, lors d’un comité central d’entreprise.
Sans attendre le comité d’entreprise extraordinaire prévu aujourd’hui sur le site cufficien, les délégués syndicaux ont provoqué la réunion du personnel de l’usine pour leur faire part de nouvelles aussi exceptionnelles que graves.
« Le four n° 2 tombe »
« Il ne faut pas se raconter dÔhistoires : l’heure est très grave ! Le four n° 2 tombe ! » : hier en milieu d’après-midi, l’annonced’Alain Destraint - le délégué CGT - a glacé de stupeur une salle où près de 130 verriers s’étaient réunis en assemblée générale.
S’il y a quelques jours, les syndicalistes se doutaient que la restructuration annoncée n’allait pas se faire sans perte d’emplois, nul à l’évidence n’aurait pu imaginer l’ampleur de la charrette : 118 suppressions d’emplois d’ici à 2008.
L’hypothèse d’arrêt d’un four - même si elle avait été envisagée - paraissait éloignée. Quant au pronostic de voir rapidement l’usine tourner sur 3 fours et 7 lignes de production, il a été lui aussi démenti. « La direction a annoncé que Vauxrot sera réduit à 6 lignes ! »
« Rendre la mariée plus belle ! »
Les raisons qui ont amené les dirigeants du groupe Saint-Gobain à prendre des mesures aussi radicales sont à trouver dans la baisse de consommation du vin qui a entraîné celui du besoin en bouteilles.
Si les ventes de champagne et les mousseux sont à la hausse, la bière connaît, elle aussi, une baisse. Conséquence : « on nous a annoncé l’abandon de la production des bouteilles de bière bas de gamme » a expliqué le délégué CGT.
Mais au-delà de cette conjoncture, le syndicaliste a également rappelé le but poursuivi par le groupe Saint-Gobain : se dessaisir de l’industrie verrière au profit d’un recentrage sur les activités liées au bâtiment et à la distribution. Dans cette attente, « la direction veut rendre la mariée plus belle en rendant l’usine plus attirante aux yeux d’éventuels repreneurs ! »
Une nouvelle catastrophe
Revenant sur les éléments dont il avait pris connaissance quelques heures plus tôt, Alain Destraint a communiqué d’autres chiffres : « à terme, les effectifs vont baisser à 198 personnes. Les 118 suppressions de postes toucheront 88 ouvriers, 26 salariés de la maîtrise et 4 cadres. »
Certes, des mesures d’âge - dont les modalités n’ont pas encore été précisées lors du comité central - et des solutions de reclassement sont attendues. Quant aux licenciements « secs » « ils seraient étonnants » a précisé le délégué CGT. Mais pour l’heure, rien de précis donc. On a, par contre, appris que les suppressions d’emplois toucheraient les 50 intérimaires et les sous-traitants : « pour ces derniers, sur les 70 en poste, la moitié va disparaître ! »
La conclusion était donnée par le délégué CGT : « Avec ce qui passe à Baxi France et dans les petites entreprises, ça va être une nouvelle catastrophe pour l’emploi dans le bassin soissonnais ! » |