Quelle que soit la ville, il est impossible de se promener dans les rues sans apercevoir le drapeau du pays, mais aussi les messages de bienvenue aux supporteurs étrangers. Car le peuple allemand, par la voix de Franz Beckenbauer, le président du comité d’organisation, a insisté sur le fait que ce Mondial serait celui de l’amitié.
Football et barbecue
Alors la population se plie en quatre lorsqu’il s’agit d’aider les supporteurs égarés. « C’est bien la première fois que des Japonais me demandent leur route ici, dans le train qui m’amène au bureau, je trouve ça super », explique Gerarhd, qui travaille à Francfort. Les Allemands se sont pris au jeu et se mobilisent devant leur petit écran pour assister à un maximum de matchs, chez eux ou dans les nombreux cafés terrasses qui ont installé un grand écran. Entre chaque rencontre, chacun suit avec attention sur la première chaîne (ARD) les synthèses de Gunther Netzer, héros national lors du Mondial 1974, qui avait lui aussi eu lieu en Allemagne. L’émission Qui veut gagner des millions à la sauce germanique, se décline elle aussi sur le thème du football. Ce soir, c’est Rudi Völler, l’ancien sélectionneur, qui se prête au jeu, afin de récolter des fonds pour une association.
Les rendez-vous entre amis se passent nécessairement en dégustant inlassablement les bratwurst, ces saucisses grillées dont les Allemands raffolent. « Qui dit match de foot, dit obligatoirement barbecue, c’est une institution », explique Christophe, 30 ans, chirurgien à Mayence, qui a invité chez lui Marcel, Timmy, Tine et ... les amis sont euphoriques. « Cela faisait plusieurs semaines que je comptais les jours avant le début de l’épreuve », avoue Christophe qui a même réussi à changer ses horaires de garde pour être sûr de voir les matchs de l’Allemagne. La spectaculaire victoire de leur équipe face au Costa Rica les a aussi mis en confiance. Voilà qui mérite d’être arrosé par une bière bien fraîche. « La bière est une culture chez nous, raconte Christophe. On en trouve même dans les distributeurs au travail, il n’y a pas de mal à en boire. » Venus à pied, les amis n’ont d’ailleurs pas à se préoccuper du fameux seuil de 0,8 gramme, le taux limite fixé pour les conducteurs.
Lorsque Helen, la compagne de Christophe, ouvre le réfrigérateur, la Coupe du monde est encore présente : « Aus, aus, aus, das spiel ist aus, Deutschland ist weltmeister (C’est fini, le match est fini, l’Allemagne est championne du monde) », entonne une boîte à musique en forme de ballon posée entre les briques de lait. « C’est la phrase du commentateur radio lorsque la Mannschaft fut sacrée championne du monde, en Hongrie, en 1954. C’était la première fois depuis la guerre que le pays était fier d’afficher ses couleurs. Cette phrase, c’est celle de tous les Allemands », explique Christophe. Dans le pays de la bière et des saucisses, la Coupe du monde se sent comme chez elle.
Stéphane Carpentier |