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Grossesse + alcool : danger pour le bébé

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (saf) est la première cause de handicap non génétique en Occident. En France, il touche 1 à 2 enfants sur mille. Dans un soucis de prévention sanitaire, un pictogramme obligatoire, destiné aux futures mamans, devrait sous peu être apposé sur toutes les bouteilles d’alcool. Une première en Europe, à l’initiative de la sénatrice réunionnaise Anne-Marie Payet.

Tolérance zéro. Un verre peut suffire pour mettre en danger bébé. Alors pendant la grossesse, un mot d’ordre des médecins : pas une goutte d’alcool pour ne prendre aucun risque. Dans cet esprit, Anne-Marie Payet, sénatrice UDF de La Réunion, se bat depuis des années. Grâce à elle, un message ou un pictogramme de prévention obligatoire, destiné aux femmes enceintes, devrait voir le jour très prochainement sur toutes les bouteilles de boissons alcoolisées commercialisées en France (bière, vin, whisky etc.) Cet amendement a déjà été adopté par le parlement dans le cadre de la loi du 11 février 2005 relative aux personnes handicapées. Dans cette longue procédure législative, reste une dernière étape : l’arrêté sur les modalités d’inscription de ce message.

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Toutes les boissons alcoolisées devront comporter soit un pictogramme de la silhouette barrée d’une femme enceinte avec un verre d’alcool soit la phrase : “La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant”

Il devrait être promulgué dans le courant de ce mois. Les marques disposeront alors d’un délai d’un an pour se mettre en conformité avec la loi. Cette mesure, dont l’initiative provient de La Réunion, est une première européenne. Elle existe déjà dans certains états américains, en Australie et au Canada. La Suède et la Finlande semblent intéresser par cette initiative. En métropole et sur notre île, certains fabricants d’alcool ont déjà pris les devants. Ils ont choisi d’appliquer un pictogramme avant même d’en être contraints par la loi. C’est le cas aux Brasseries de Bourbon.

Le long combat d’Anne-Marie Payet

“Au départ, je ne me faisais pas d’illusion...” La sénatrice Anne-Marie Payet revient sur des années d’acharnement. De longs mois de lutte pour faire adopter cette mesure préventive, destinée aux femmes enceintes. Dans les années 1980, elle apprend l’existence du syndrome d’alcoolisation fœtale (saf), lors d’un stage sur la lutte contre l’alcoolisme. C’est en 2002, que le déclic se fait. Elle prend conscience que La Réunion est sévèrement touchée par le phénomène. Elle ne peut pas rester “indifférente”. Anne-Marie Payet se confronte à la pression des viticulteurs, à l’opposition du gouvernement, de la commission des affaires sociales du Sénat, des parlementaires des zones viticoles. “J’ai dû vraiment lutté. J’ai entendu tellement de contre-vérités : le vin n’est pas de l’alcool, la pub sur le vin ce n’est pas de la pub mais de la pédagogie ...” Elle ne se sent pas suivi.

Suite à un remaniement ministériel, elle reçoit le soutien de Philippe Douste-Blasy, ministre de la Santé “très motivé par ce dossier”. Les choses s’accélèrent. S’en suit une longue procédure européenne (qui explique le décalage entre le vote de la loi et son application). Certains pays émettent un avis réservé sur cette mesure. Par exemple, “l’Italie estime qu’elle est un frein à la liberté et à la libre concurrence”. Finalement la commission européenne, se dit “favorable”. “J’attends que l’arrêté sorte pour manifester ma satisfaction. Avec cette nouvelle mesure, je ne veux pas faire culpabiliser les femmes, mais au contraire les informer, briser le tabou.”

Et la sénatrice de se réjouir aussi d’autres amendements adoptés toujours relatifs au saf : cette problématique devrait être abordée dans la prévention de l’alcoolisme (auprès des jeunes et du grand public) et intégrée dans la formation initiale des médecins généralistes. Un “hommage au médecin français, Paul Lemoine”, qui a découvert, le syndrome, en 1968. Un professionnel longtemps dénigré, mis à l’écart à cause de cette trouvaille scientifique trop gênante, qui, aujourd’hui, enfin, semble avoir trouvé un écho.

Claire Damon

- La Dodo précurseur
Les Brasseries Bourbon ont fait le choix de devancer la loi. Depuis le mois de mars, toutes les nouvelles boîtes de Dodo comportent un pictogramme signalant aux femmes enceintes les dangers de l’alcool pour leur enfant. Les bouteilles devraient, elles aussi, être munies de ce visuel de prévention avant la fin de l’année. Un geste citoyen réalisé dans l’esprit de l’association “entreprises de prévention”, à laquelle le brasseur local participe. Il soutient aussi les actions de Réunisaf (lire ci-contre). En métropole, quelques alcooliers ont aussi déjà opté pour l’apposition de ce sigle sur leurs produits.

- Une reconnaissance politique
Thierry Maillard est médecin généraliste et membre de Réunisaf, un réseau de prévention du syndrome d’alcoolisation fœtale à La Réunion. Il estime que cette nouvelle mesure est “déjà une reconnaissance politique importante”. “Pour les femmes en réelles souffrances avec l’alcool, cet étiquetage ne suffira pas.” Et de faire une comparaison avec “le tabac tue” sur les paquets de cigarettes qui est loin de sensibiliser tous les fumeurs. Il faudra, selon lui, poursuivre un accompagnement et la prévention en parallèle auprès de ces femmes fragiles. Il reconnaît le rôle moteur de l’entourage : “Le déni de la population est encore important, il faut alors aux femmes un environnement solidaire qui la porte, la soutient et ne la met pas à l’écart parce qu’elle ne boit pas d’alcool.”

- Réunisaf
Prise en charge pluridisciplinaire des mamans en difficultés avec l’alcool, prévention auprès des enfants, du grand public et axe santé publique politique. A savoir qu’un enfant atteint coûte entre 800 000 euros et 5 millions d’euros sur toute sa vie (opération, prise en charge, placement spécialisé). 9, rue Victor-Hugo, Saint-Louis. Tél. : 02 62 22 10 04. Courriel : coeurdereseau@reunisaf.com. Un DVD de sensibilisation sort le 9 septembre, journée internationale des effets de l’alcool pendant la grossesse.

- Les risques pour le fœtus
L’alcool chez la femme enceinte, même à très faibles doses, passe directement dans le sang du fœtus à travers le placenta. Il peut entraîner des malformations crano faciales, des retards mentaux et de croissance, des handicaps cognitifs et des troubles du comportement. Trois verres au quotidien et quelques verres en une occasion représentent un danger certain. Il est conseillé, dès qu’une grossesse est envisagée, de ne plus boire d’alcool. Mesure de prévention.

- La Réunion, zone sensible
Le syndrome d’alcoolisation fœtale (Saf) concerne un à deux enfants pour mille dans le monde occidental. A La Réunion, on comptabilisait cinq cas pour mille, il y a 10 ans. Depuis la création de Réunisaf, en 2001, dans le sud (et à terme dans le nord) (lire ci-contre) la situation se serait améliorée. La Réunion, le Nord-Pas de Calais, la Bretagne et la Normandie restent des zones sensibles. Il existe aussi des effets de l’alcool sur le fœtus (EAF) : retards et malformations moins importants mais atteintes au niveau du cerveau existantes. Plus fréquents, ils touchent 1 % des enfants en Occident, 2 % à La Réunion.

- Un rapport européen
Un rapport commandé par la Commission européenne, réalisé par un institut londonien, préconise de mettre en garde contre les dangers de l’alcool sur les bouteilles commercialisées dans l’union. Les emballages devraient décrire par exemple les méfaits pour les conducteurs ou encore les femmes enceintes. Un rapport qui doit contribuer à la stratégie européenne de lutte contre les effets indésirables de l’alcool que Bruxelles compte présenter ces prochains mois.

Clicanoo - 8 juin 2006
 
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