Comment Anheuser-Busch et InBev ont-ils trouvé un accord après plusieurs semaines difficiles, durant lesquelles le prédateur et sa proie en sont presque venus aux mains ? Petit tour dans les coulisses du plus gros rachat en cash de l’histoire, grâce au Wall Street Journal. Où l’on voit que le mexicain Grupo Modelo (Corona) pourrait bien être le prochain sur la liste d’InBev...
Anheuser-Busch se refuse à InBev depuis la mi-juin (et l'annonce officielle de l'offre du brasseur belgo-brésilien), mais officieusement depuis plus d'un an. Comment expliquer qu'un dossier aussi complexe, et qui s'est envenimé au fil des jours - jusqu'à la tentative, opérée par l'américain, de bloquer en justice les manœuvres de son prédateur - ait pu trouver une conclusion aussi « heureuse » en si peu de temps ? Anheuser-Busch se vend à InBev : « It was all business... » Durant la deuxième semaine de juillet, August A. Busch IV, sixième CEO d'Anheuser-Busch issu de la famille fondatrice, a décroché son téléphone. Objectif : demander à Jorge Paulo Lemann, administrateur d'InBev, la tenue d'une réunion destinée à discuter d'un rachat amical. S'en sont suivis cinq jours d'intenses négociations durant lequel Busch IV, qui, trois mois plus tôt, avait fièrement annoncé qu'AB ne serait pas racheté « tant qu'il serait en poste », s'est vu forcé, par son conseil d'administration et ses actionnaires, à « avaler la couleuvre », en l'occurrence une offre rehaussée à 52 milliards de dollars en cash, soit 70 dollars par action (contre 65 dollars précédemment). Après une épuisante réunion, le dimanche 13 juillet après-midi, August Busch IV et les autres administrateurs d'Anheuser-Busch ont signé l'accord mettant fin à 150 ans d'indépendance du brasseur US. Un moment sombre pour le CEO, selon les personnes en présence, sans esprit de fête ni grand discours. A la fin de la réunion, les administrateurs sont repartis chacun de son côté : « Il ne s'agissait que de business », a résumé l'un des observateurs présents. Réunion AB/InBev : une « excellente alchimie » pour Brito, un « moment sombre » pour Busch Or, quelques jours plus tôt à peine, Anheuser-Busch paraissait bien près d'un accord avec Grupo Modelo, brasseur notamment de la Corona. AB aurait racheté les 50 % qu'il ne possède pas encore dans le groupe mexicain, histoire de se rendre indigeste pour son prédateur louvaniste. Juste avant de signer cet accord, néanmoins, AB a tâté le terrain auprès d'InBev, afin de vérifier s'il accepterait de relever son prix. Des discussions qui ont culminé vendredi dernier, dans les bureaux de la firme Sullivan & Cromwell à Manhattan. Une équipe de cadres d'Anheuser-Busch, comprenant August Busch IV et le directeur financier, Randy Baker, a rencontre Carlos Brito, CEO d'InBev, plusieurs heures durant. Les propos échangés portaient sur les activités d'AB, notamment ses plans d'économie de 1 milliard de dollars. L'occasion, aussi, d'échanger quelques-unes de leurs bières. « Ce fut une excellente alchimie », a apprécié Carlos Brito lundi. Du côté américain, le ressenti est apparemment un peu différent. L'une des personnes présentes indique qu'August Busch IV, n'était pas aussi enjoué que le patron brésilien : « Il était très cordial mais aussi très sombre, plus sombre que le reste de l'équipe exécutive. » C'est dans ces mêmes bureaux de Sullivan & Cromwell que Carlos Brito a appris la bonne nouvelle dimanche : le conseil d'administration d'AB acceptait son offre à 70 dollars par action. Entouré d'exclamations de joie et de félicitations, le futur CEO d'Anheuser-Busch InBev a décapsulé une Budweiser glacée. Afin de compenser la hausse de son offre et de réduire son recours à l'endettement, InBev compte émettre pour 6,2 milliards d'euros de nouvelles actions. Selon le site Internet du Tijd, il s'agit de la 2e plus grosse opération enregistrée par la Bourse de Bruxelles, derrière l'augmentation de capital de Fortis l'an dernier (13,4 milliards d'euros) et devant celle de Belgacom (3,59 milliards d'euros). Grupo Modelo tente-t-il de faire pression sur InBev pour qu'il le rachète au prix fort ? Parmi les facteurs qui ont accéléré l'obtention d'un accord, la rumeur d'un rachat de Grupo Modelo a pu jouer un rôle déterminant, selon des sources « proches du dossier » citées par le Wall Street Journal. Quelques-uns des familles actionnaires de Modelo se seraient dites prêts à céder leur participation à Anheuser-Busch, et les grandes lignes de l'accord auraient même été dessinées. Selon certaines analyses, une telle opération aurait effectivement rendu l'ensemble Anheuser-Busch/Grupo Modelo trop cher. Gerard Rijk, analyste chez ING, avait, mi-juin, une vision inverse : à ses yeux, Modelo « n'est pas une pilule empoisonnée mais une occasion en or ! » Le brasseur mexicain, loin de décourager le leader mondial, ne ferait que rendre Anheuser-Busch plus attrayante. Quoi qu'il en soit, le rachat d'AB par InBev ne laisse pas le brasseur mexicain de côté. Au contraire, le fabricant de la Corona pourrait bien être le prochain sur la shopping list de Carlos Brito. « Je n'exclus pas la possibilité d'une vente de Modelo à Inbev - s'ils peuvent en tirer le bon prix », résume Tufic Salem, analyste spécialisé dans le secteur des boissons chez Credit Suisse, à Mexico City, interrogé par le St. Louis Post-Dispatch. Modelo tente également de s'inviter à la table des négociations du futur géant Anheuser-Busch InBev. En effet, le mexicain se prévaut d'une clause, dans le contrat signé avec le brasseur américain, qui interdit celui-ci de vendre ses 50 % sans son consentement. Cette clause est-elle valide dans le cadre d'un changement de propriétaire d'Anheuser-Busch ? Grupo Modelo affirme que oui... après avoir prétendu, durant plusieurs années, que ladite clause ne lui permettait pas de s'opposer à une vente d'AB. Le brasseur latino tente peut-être de faire monter les enchères sur la moitié de capital qui échappe encore à Anheuser-Busch InBev. Selon Tufic Salem, il est probable que le géant louvaniste fasse monter la pression sur les familles actionnaires de Modelo pour qu'elles lui vendent leurs actions. Vincent Degrez
Trends - 28 juillet 2008Elles s’appelaient « Aux Orphelins », « du Fond Saint-Georges » ou encore « du Paon »... Avant la Première Guerre mondiale, l’arrondissement comptait plus de 240 brasseries dont une trentaine rien qu’à Cambrai. Le dernier symbole de La Cambrésienne, rue de la Citadelle, vient de disparaître du paysage. La cheminée de la malterie, haute de près de 30 mètres, est tombée hier.
Le propriétaire de l'immeuble a hésité un temps avant de décider de démolir. La restauration était trop coûteuse. Il n'aura fallu que deux jours aux hommes de la société de démolition pour venir à bout des trente mètres de briques de la cheminée de l'ancienne brasserie-malterie La Cambrésienne, située rue de la Citadelle, près du jardin public. Avec elle disparaît le souvenir d'une époque où le commerce et l'industrie du Cambrésis rayonnaient sur tout le département, et s'agissant des brasseries tout particulièrement, puisque l'arrondissement se situait en troisième position, au rang des producteurs de bière du Nord. C'était au début du XXe siècle. Si on en croit les ouvrages réalisés sur le sujet par quelques Cambrésiens férus d'histoire, les brasseries font leur apparition vers 1122. On ne parle pas encore de bière mais de « goudale » et de « goudaliers ». Ce n'est qu'en 1435 qu'apparaît définitivement le mot « bière ». Avant la Révolution, en 1789, on dénombre 172 brasseries implantées dans 90 communes de l'arrondissement 27 fonctionnent dans les différents quartiers de Cambrai. La brasserie de la rue de la Citadelle devient La Cambrésienne en 1920. Et nombreux sont les amateurs de laBlanche de Cambrai, « bière bourgeoise réputée alors pour être la meilleure du Nord », peut-on lire dans un autre ouvrage consacré au commerce et à l'industrie du Cambrésis de 1900 à 2002. Les plus nostalgiques penseront qu'avec cette disparition, c'est une page de l'histoire locale qui se tourne. Mais le bâtiment qui sera prochainement entièrement rénové accueillera (d'ici 2009) une série d'appartements de standing. La société immobilière en charge du projet a assuré que le style, et tout particulièrement celui de la façade, serait sauvegardé. Une autre histoire Une nouvelle vie en perspective donc pour le bâtiment de la rue de la Citadelle qui semble avoir traversé les âges sans pourtant trop de dommages. En effet, avant d'être transformé en brasserie, c'est un hôpital, celui de Saint-Jacques au bois, qui accueillait les malades. Et avant cela encore, était installé là (au XIIe siècle), le couvent des Soeurs-Noires de Mons qui accueillait les pèlerins... Voilà un bâtiment qui n'a pas fini de faire parler de lui. En effet, s'agissant des chemins de Saint-Jacques de Compostelle (La Voix du dimanche 13 juillet), des découvertes historiques récentes devraient permettre de préciser encore l'histoire de cet immeuble. Mais ça, c'est une autre histoire. Valérie Lancel Pour en savoir plus : Mémoires de la Société d'Émulation, tome 52 (article du Dr Coulon) Les Brasseries du Cambrésis, tome 1 (Paul Dégremont) Le Cambrésis de 1900 à 2002 : Son industrie, son commerce (Maurice Leclercq)
La Voix du Nord - 28 juillet 2008La Chine, premier producteur mondial de bière, a encore augmenté l’an dernier sa suprématie sur ce marché, dont elle détient désormais 22%, contre 20,6% en 2006, a annoncé mardi le négociant allemand en houblon Joh. Barth & Sohn.
En 2007, la Chine a produit 393,1 millions d'hectolitres de bière, soit 11,8% de plus que l'année précédente, alors que la production totale dans le monde s'est élevée à 1,787 milliard d'hectolitres, en hausse de 5,2%, précise la dernière édition du rapport annuel de Barth & Sohn, présenté à Munich. L'Allemagne a vu sa production chuter de 2,05%, à 105 millions d'hectolitres. Avec un peu moins de 6% du volume total, elle se classe désormais au 4e rang mondial, derrière la Chine, les États-Unis (13% du total) et la Russie (6,5%). Avec 18,56 millions d'hectolitres (1% du total), la Belgique se classe à la 20e position du tableau, devant la France en 24e position (15,1 millions d'hectolitres, 0,85% du total).
La Presse Affaires - 28 juillet 2008Patricia Ceysens,ministre flamande de l'Economie L'exemple d'Inbev, qui a débuté comme une PME et est désormais numéro un mondial, montre que la globalisation ne constitue pas seulement des menaces pour la Flandre, mais également des opportunités, a indiqué lundi la ministre flamande de l'Economie, Patricia Ceysens. Le Flamand voit moins que l'Européen moyen la globalisation comme une opportunité, selon la ministre qui met en exergue les aspects positifs de la mondialisation. Elle indique ainsi que la reprise aura des conséquences concrètes sur les exportations belges de bière qui vont s'accélérer vers l'Amérique du nord. Le brasseur américain Anheuser-Busch et le brasseur belgo-brésilien InBev ont conclu un accord en vue d'une fusion, créant le numéro un mondial de la bière. La ministre a félicité Inbev pour cette opération.
7 sur 7 - 28 juillet 2008Patron d’Angoulême-Boissons (distributeur boissons des CHR angoumoisins), Didier Berthelot vient de reprendre la brasserie des Gabariers à Cognac, autrefois propriété de Jean-Paul Lafragette, et qui comptait dans ses actifs une micro-brasserie et la XO Beer. Berthelot a repris la marque mais pas la brasserie, qui était trop petite, et brasse désormais dans le centre de la France.
Cognac World - 28 juillet 2008Certains investissent tout leur argent ou presque dans... la bière. Plus précisément la Melbourne Bitter bière. Un Australien, jugé pour la septième fois pour ébriété au volant, a confié à la cour de Darwin dépenser plus de 1.000 dollars (624.5 euros) par semaine dans sa bière préférée. Soit la moitié de son salaire d'ouvrier du bâtiment.
20 minutes - 28 juillet 2008Le brasseur belge InBev a annoncé lundi qu'il allait racheter son concurrent américain Anheuser-Busch pour 52 mrds de dollars, donnant naissance au plus grand producteur de bière au monde. Le conseil d'administration d'AnheuserBusch a accepté l'offre d'Inbev dimanche, après avoir farouchement résisté. Inbev a offert 70 dollars par action, contre 65 lors de son offre initiale. Le mariage des 2 brasseurs doit donner naissance à Anheuser-Busch InBev, une entité représentant un chiffre d'affaires annuel de 36 mrds de dollars et 460 mio d'hectolitres de ventes (notamment Stella Artois, Beck's et Budweiser).
TSR - 14 juillet 2008Les deux brasseurs seraient proches d'un accord qui créerait le numéro un mondial du secteur. Le mariage InBev/Anheuser-Busch bientôt conclu ? Selon le New York Times du vendredi 11 juillet, les deux brasseurs américains seraient en effet proches d'un accord sur le rachat du second par le premier. Un accord qui passerait par un relèvement de l'offre déposée il y a pile un mois, qui valorisait Anheuser-Busch 46 milliards de dollars. Selon le site du Wall Street Journal, InBev proposerait désormais 70 dollars par titre, soit 50 milliards de dollars. Soutien de Warren Buffett Anheuser-Busch, propriétaire de la célèbre bière Budweiser, avait formellement rejeté la première offre. Mais, depuis, la direction du groupe a dû faire face aux menaces de répliques d'InBev, qui a saisi le gendarme de la Bourse américaine pour obtenir l'autorisation de faire remplacer tous les membres de son CA. De plus, plusieurs actionnaires d'Anheuser-Busch, dont notamment le milliardaire Warren Buffett (détenteur d'environ 5% du capital, soit plus que la famille fondatrice), soutiendraient le rachat par InBev. Une fusion créerait le numéro un mondial du secteur, devant SABMiller.
Challenges - 14 juillet 2008